L’association Femmes des IEP propose un Livre Blanc pour inciter les candidats, élus et citoyens à s’emparer des questions d’égalité entre femmes et hommes dans les communes françaises lors des élections municipales.
L’association Femmes des IEP a formulé 70 propositions féministes pour les candidats aux élections municipales. Avec pour objectif de transformer les territoires en favorisant l’égalité entre les femmes et les hommes au niveau local. L’association est un réseau professionnel d’étudiantes et diplômées des Instituts d’Études Politiques. Depuis février 2025, elles ont fait appel à 18 fonctionnaires dans plusieurs domaines dont le numérique, le web ou l’enseignement pour les aider à réfléchir sur le sujet.
Astrid Riffard est la co-présidente de Femmes des IEP. Elle-même travaille dans la fonction publique territoriale et a fait partie des groupes de réflexion. “Je connais bien le fonctionnement des collectivités et leurs enjeux. J’avais cette double vision à la fois sur l’égalité femmes-hommes et sur les enjeux dans la fonction publique et dans les mandats électoraux.”
Après plusieurs mois de travail, elles ont rédigé le Livre Blanc dont les 70 mesures sont organisées « dans six axes de politiques publiques ». Il s’agit avant tout d’un panorama et d’idées pour aider les candidats et futurs élus à mettre en place des politiques plus inclusives et égalitaires. “On ne s’attend pas à ce que nos signataires aient mis en place les 70 mesures au cours de leur mandat mais en tout cas qu’ils aient essayé de l’intégrer dans le contexte communal” explique Astrid Riffard.
Des mesures apartisanes
L’association a envoyé son livre en septembre dernier auprès des 36 000 communes françaises afin d’obtenir des retours. Victoria, membre du pôle partenariat et influence s’étonne de certaines réponses : “le fait de parler de propositions féministes bloquent des élus ce qui est dommage. On nous a déjà répondu “nous on met déjà certaines choses en place mais on appelle pas ça des propositions féministes, notamment dans tout ce qui est adaptation du temps de travail, répartition du temps de parole en conseil municipal…” Effectivement, on a eu des réponses qui nous disaient ça ne nous intéresse pas parce que vous dites que c’est féministe. C’est un peu frustrant de se rendre compte de ça : un mot bloque des propositions.” La coprésidente tient à rappeler que les mesures sont apartisanes, avec l’idée qu’un “maximum de personnes possibles pour les mettre en place, quel que soit le bord politique”.
Les propositions balayent toutes les compétences communales : vie en interne, collectivités, formation des agents, aménagement des territoires, communication publique, politique sportive et associative ou encore éducation et culture. Tout en proposant des indicateurs d’échelle de collectivités. “C’est sûr qu’on pourra pas faire les mêmes choses si c’est une toute petite commune ou une intercommunalité. Les mesures peuvent être mises en place plus ou moins facilement selon la taille et le budget de la collectivité” éclaire Astrid Riffard.
Gouvernance paritaire et partage de la parole
Parmi les 70 mesures, les deux membres de l’association voient des priorités. Pour la coprésidente, il s’agit de l’axe de la gouvernance paritaire, qui doit être “le jalon pour la suite”. “Même si désormais la parité sur toutes les listes communales est obligatoire, on sait très bien que les délégations, elles, sont réparties selon certaines parois de verre. Dans un premier temps, il faut avoir ce travail au sein des exécutifs municipaux, lorsqu’ils vont partager les portefeuilles et les délégations, de faire bien l’attention à ce qu’on ne mette pas forcément une femme au social et un homme aux finances”. Dans un même sens, il faut veiller au partage du temps de parole dans les instances “que ce soit dans le conseil municipal, les commissions avant le conseil municipal et les prises de parole publiques, en réfléchissant à comment est-ce qu’on laisse autant leur place aux femmes qu’aux hommes ?”
De son côté, Victoria ajoute la partie financière comme base essentielle. « Le fait de faire très attention à la politique budgétaire et aux ressources de la collectivité est central. Ça conditionnera l’ensemble des autres mesures ensuite. » Sur un même niveau de priorité, l’aspect éducation. “Ce sont celles qui sont les plus urgentes et qui permettront ensuite d’infuser plus largement dans toutes les autres politiques publiques.”
L’éducation et la formation des agents au contact des enfants font partie des priorités pour l’association. “Il y a des chiffres qui sont alarmants sur les montées du masculinisme récemment. Dans tous les chiffres qui sont sortis, c’est assez terrifiant à quel point les jeunes hommes aujourd’hui ne sont plus du tout en accord avec le côté un peu plus progressiste des jeunes femmes” rappelle Victoria. Et Astrid Riffard d’ajouter : “C’est dès le plus jeune âge qu’on va impulser les logiques d’égalité entre les filles et les garçons qui deviendront des femmes et des hommes.”
Un accompagnement dans le concret
À moins d’un mois des élections municipales (qui se tiendront les 15 et 22 mars), l’association se prépare surtout à l’après. Seulement huit candidats ont pu signer la charte et l’intégrer à leur programme à temps. Mais plusieurs se sont dits intéressés et s’engageront une fois élus. Femmes des IEP compte profiter de la dynamique post-électorale pour diffuser le Livre Blanc et inciter le plus grand nombre à s’en emparer.
Les futurs membres de l’opposition d’abord, qui pourront pousser à la mise en place de certaines mesures. Vis-à-vis des citoyens ensuite, qui peuvent participer à la vie des communes et demander des comptes aux maires. Plusieurs événements sont prévus “sur les retours d’expérience, c’est-à-dire apprendre entre élus et avec nous : qu’est-ce qui a été mis en place dans telle collectivité, comment dans ma collectivité, je peux m’en emparer et comment ça peut être une bonne pratique que je découvre et que je vais moi-même implémenter” précise la coprésidente.
L’association Femmes des IEP est un réseau professionnel d’étudiantes et de diplômées des différents instituts d’études politiques français. « On est vraiment axé sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Ça sous-tend plein de choses, et notamment la place des femmes en politique » explique Astrid Riffard, coprésidente. L’association organise des événements de montée en compétence à destination de ses adhérentes et des conférences de sensibilisation à l’égalité femmes-hommes. Le réseau « vient aussi institutionnaliser une certaine entraide et sororité dont peuvent avoir besoin nos adhérentes » souligne Astrid Riffard.
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