Aller au contenu

Lysistrata Média

Privées de vote, privées de voix : en Inde les femmes Biharis effacées des listes électorales

À quelques jours des élections législatives au Bihar en Inde, une part élevée de femmes sont supprimées des listes électorales.

Alors que les Biharis (habitants du Bihar, État de l’Est de l’Inde) doivent se rendre aux urnes ce mois-ci, quelque 10 % des électeurs ont été supprimés des listes électorales. En juin 2025, la Commission électorale de l’Inde a lancé une “révision intensive spéciale” (SIR) des listes électorales du Bihar. 

 

Selon The Wire, la majorité des personnes supprimées des listes électorales sont des femmes népalaises mariées à des Indiens et vivant en Inde. Le média indépendant indien a identifié une trentaine de ces femmes dont certaines avaient voté lors des dernières élections législatives ou participé directement à la vie politique locale en occupant des postes clé dans les municipalités. Le Bihar est un État indien dans lequel la participation des femmes aux élections est nettement supérieure à celle des hommes (7 points en 2015). Une enquête du média The Hindu montre une corrélation entre le taux de participation des femmes dans une circonscription et le nombre de femmes radiées de ses listes. En tout, les femmes représentent 59,7 % de la réduction de l’électorat depuis le début de l’année. 

L’une des raisons de ce fort taux d’élimination des femmes des listes réside dans un bug de système. Les femmes Biharis changeant souvent de nom au cours de leur vie, cela a pu créer des doublons amenant leur dossier à être supprimé. L’algorithme pénalise donc la mobilité des femmes. Une autre explication peut se trouver dans une fracture numérique entre les genres, les femmes ne peuvent pas facilement vérifier si elles sont bien inscrites sur les listes électorales. La privation du droit de vote des femmes devient alors systémique plutôt qu’accidentelle. Il ne faut pas oublier que lorsque les femmes sont tenues à l’écart, de la vie publique, leur voix s’affaiblit et elles sont moins représentées, et moins prises en compte dans les programmes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *