Plusieurs études scientifiques montrent que la grossesse peut être comparée à un sport d’endurance qui dure neuf mois sans pause. La dépense énergétique est ainsi très élevée et force le corps à puiser dans les réserves.
Une course de plus de 280 jours non-stop. Voilà à quoi peut être comparée une grossesse en termes de dépense énergétique. L’anthropologue Herman Pontzer et son équipe ont comparé plusieurs sports d’endurance extrêmes avec les grossesses chez les humains. Ils ont découvert des similitudes entre les deux.
Dans leur étude de 2019, les chercheurs américains démontrent que la dépense énergétique maximale durable n’est pas statique, mais diminue selon une courbe logarithmique (en forme de L) en fonction de la durée de l’effort. C’est-à-dire que le corps s’habitue aux efforts intenses et dépense de moins en moins d’énergie. Les recherches indiquent qu’il existe une limite supérieure à la dépense énergétique humaine soutenue, appelée portée métabolique maximale durable. Cette limite se situe aux alentours de 2,5 fois le métabolisme de base.
Durant la grossesse et la période de lactation, le ratio entre la dépense énergétique totale et le métabolisme de base atteint un pic d’environ 2,2 fois le système de départ. Ce chiffre est plus que comparable aux dépenses des sportifs dans des courses de centaines de kilomètres ou des expéditions en Arctique.
Une contrainte digestive
Comme pour les sportifs de l’extrême, les femmes enceintes sont contraintes biologiquement puisque le seuil de 2,5 fois le métabolisme de base oblige le corps à puiser de manière non durable dans ses propres réserves énergétiques. Ce seuil équivaut à environ 4000 calories par jour pour une personne moyenne, alors qu’un mécanisme de base requiert 1600 calories environ.
Selon les différentes sources sur lesquelles s’appuient l’équipe de Pontzer, cette restriction n’est pas due à une limite de la capacité des organes reproducteurs eux-mêmes, mais plutôt à une limite alimentaire du système digestif et du foie. Comme pour les sportifs qui ne sont pas limités par leurs muscles, mais par la capacité digestive, la femme enceinte semble incapable d’absorber et de traiter les nutriments assez rapidement pour soutenir indéfiniment une dépense supérieure à ce plafond.
Cette recherche montre combien la grossesse est l’un des événements les plus exigeants pour le corps humain. Les scientifiques comparent la performance à une « course transcontinentale où le corps doit maintenir un régime moteur élevé et constant pendant 280 jours, juste en dessous de la zone de surchauffe métabolique ».
80 000 calories durant la grossesse
D’autres études ont depuis confirmé ces recherches américaines. Les chercheurs de l’université australienne de Monach ont prouvé que les femmes dépensent en moyenne 80 000 calories durant leur grossesse. Ce n’est qu’en juin 2024 que cette étude a été réalisée et c’est à ce moment-là que les scientifiques ont découvert que la dépense énergétique était 10 fois plus importante que celle que montraient les études jusque-là.
Les scientifiques australiens ont découvert que « la grossesse humaine consomme 24 fois plus d’énergie métabolique que l’énergie directement utilisée pour le nouveau-né ». Cela signifie que l’énergie est presque exclusivement dédiée à la femme et au fonctionnement de son propre corps. Après l’accouchement, il faudrait entre 6 à 12 mois pour reconstruire la densité osseuse et restaurer les nutriments utilisés par le fœtus.