Les cinq actus de la semaine sur les droits des femmes nous emmènent en Belgique, aux États-Unis, au Honduras, au Soudan et en Indonésie.
Belgique : pour toujours en coulisse ?
À Binche, à l’ouest de la Belgique, la place des femmes dans le carnaval est au cœur de toute l’organisation cette année. Ce fameux carnaval, très codifié dans sa préparation et sa réalisation, place au centre du folklore les Gilles, des hommes parés d’un grand chapeau en plumes d’autruches ou de masques blancs. Toutes les traditions sont dictées et surveillées par l’Association de défense du folklore (AdF). Alors qu’un groupe de femmes, Les Columbines, a appelé à l’intégration des femmes dans le carnaval au travers d’un “groupe de fantaisie”, l’AdF a rappelé leurs rôles. “Elles sont épouses, mères, sœurs et filles de Gilles, elles sont les gardiennes de la transmission familiale, les piliers de l’organisation quotidienne, les actrices essentielles de la préparation.” Pas question donc de modifier la place des femmes dans ce folklore belge de plus de 700 ans, même si une brèche a été ouverte et suscite le débat dans la population.
États-Unis : le tollé
Ce vendredi 30 janvier sort sur les grands écrans états-uniens et anglais le documentaire Melania, produit par Amazon. Le film est à la gloire de la Première Dame des États-Unis, Melania Trump et retrace la vingtaine de jours avant l’investiture de son mari au poste de président en 2025. Amazon a payé 40 millions de dollars pour les droits, du jamais vu pour un documentaire et 35 autres millions pour la campagne de communication. La Première Dame aurait quant à elle été payée par moins de 30 millions de dollars. Mais le tollé est général face à la sortie du documentaire, plusieurs journalistes rapportent des huées lors de la diffusion des bandes-annonces, les affiches ont été arrachées et peu de billets ont été vendus pour ce premier week-end. Rajoutez à cela que le réalisateur n’est autre que Brett Ratner, accusé d’agression sexuelle et banni d’Hollywood depuis 2017 et la vague MeToo. Un flop s’annonce (mais ce n’est pas Donald Trump qui le dira !).
Honduras : combat à armes inégales
Des groupes féministes honduriens ont exprimé le dimanche 25 janvier, à l’occasion de la journée nationale des femmes dans le pays, leur crainte que le gouvernement conservateur du président élu Nasry Asfura ne supprime ou n’affaiblisse les institutions œuvrant pour la défense des droits des femmes. En 2025, plus de 200 féminicides ont été recensés et en 2026 ce sont déjà une dizaine de meurtres de femmes qui ont été comptés par les associations féministes. Plusieurs médias locaux rapportent que les manifestantes, pourtant pacifiques, ont reçu des gaz lacrymogènes de la part des forces armées présentes sur place. L’association “Brigades de la Paix Internationale – Honduras” rappelle qu’en 2025, “33 pays ont exhorté le Honduras à prendre des mesures pour lutter contre les violences faites aux femmes.”
Soudan : les drames se répètent
Sulaima Ishaq al-Khalifa, ancienne militante pour les droits humains est devenue ministre des Affaires sociales au Soudan. À peine arrivée au pouvoir, elle dénonce une situation insupportable pour toutes les femmes du pays et fait état de “la pire” violence sexuelle au monde et d’autres crimes commis en toute impunité. La ministre détaille comment les violences sexuelles se sont généralisées et sont utilisées “comme une arme de guerre” et à des fins de “nettoyage ethnique”. Son ministère a documenté plus de 1 800 viols entre avril 2023 et octobre 2025. Un chiffre sous-estimé face à la difficulté de prendre en compte tous les conflits dans des zones où les institutions ne sont plus en place et dans des communautés conservatrices dans lesquelles la stigmatisation sociale reste un obstacle majeur à la documentation des violences.
Indonésie : pas à pas
Les femmes représentent 33,2 % des officiers du “Hajj indonésien” (le pèlerinage annuel vers La Mecque) cette année, un chiffre historique et le plus élevé jamais atteint. L’objectif est d’améliorer les services et le confort des pèlerines, notamment pour les femmes âgées qui constituent plus de 55 % des pèlerins indonésiens. Les femmes officiers sont jugées mieux placées pour répondre aux besoins spécifiques des pèlerines, comme l’assistance dans les chambres ou les situations d’urgence nécessitant une attention particulière à la vie privée. Si cette mesure peut être saluée par la plus grande représentation des femmes dans des rôles traditionnellement dominés par les hommes, il faut rappeler que l’Indonésie reste très inégalitaire pour les femmes.