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Lysistrata Média

Des joueuses cachées, des peines pour lutter contre l’homosexualité… : les 5 actus de la semaine sur les droits des femmes 

Chaque semaine, Lysistrata vous donne les cinq actus de la semaine en matière de droits des femmes dans le monde. Cette semaine : un modèle à suivre, un site internet problématique ou encore des conseils désuets. 

Australie : les footballeuses iraniennes cachées

Six joueuses de l’équipe de football iranienne ont obtenu l’asile en Australie. Lors d’un match de la Coupe d’Asie à Sydney, les footballeuses ont fait le choix de ne pas chanter l’hymne iranien. Ce geste a été jugé par le pouvoir comme antipatriotique et promettant que cela aurait de graves conséquences. L’Australie a ensuite proposé de leur offrir l’asile face aux nombreuses craintes internationales quant à leur sécurité. Sur les 26 du groupe, 7 ont demandé à rester en Australie, les autres ont repris un vol vers la Malaisie ce mercredi 11 mars. Mais dans le groupe restant en Australie, l’une d’entre elle a eu un doute et semble avoir contacté l’ambassade iranienne pour dévoiler l’emplacement de ces coéquipières. Les six joueuses sont à présent dans un lieu tenu secret pour veiller à leur sécurité.

France : la SNCF donne des conseils dignes d’une autre époque

Des “objectifs” pour “corriger”, “équilibrer”, “souligner”, “affiner” ou encore “structurer” une silhouette. Voilà le contenu du « Guide Élégance TGV Inoui » que s’est procuré BFM Tech. Le rapport de 40 pages explique ainsi à ses employés comment s’habiller ou non selon sa morphologie. S’il n’y a pas “de morphologie idéale” selon le document, il est conseillé “d’éviter les vêtements amples” sur une morphologie féminine en O ou encore de privilégier “un haut clair ou coloré” avec une morphologie en triangle. Les hommes obtiennent des conseils similaires quant à leur tenue. Le maquillage aussi passe à la loupe de ce guide : pas de fard foncé, privilégier une CC crème pour cacher les rougeurs…  Le syndicat Sud Rails a vivement réagi à la diffusion de ce document : “À la lecture de ces pages, on se croirait revenu dans les années 60. Ces prescriptions visent de facto les femmes et instaurent une injonction esthétique qui n’a aucune base professionnelle”. SNCF Voyageurs parle de son côté d’un “document de travail, qui ne correspond pas aux valeurs de l’entreprise” et n’aurait “pas été validé”.  

Monde : encore une idée pour juger les femmes

Un site accessible en ligne calcule le “body count” des femmes grâce à leurs profils Instagram. Le site promet ainsi de connaître le nombre de partenaires sexuelles de quelqu’un en se basant sur ces photos, ses abonnés ou encore le style de contenus. Il affiche ensuite un nombre de prétendus partenaires sexuels qu’aurait eu la personne avec un commentaire tel que “joueur” ou “menace”. L’outil en ligne est même présenté comme “un jeu entre amis et ironique”. Si les profils des hommes et des femmes peuvent être analysés, le nom du site “check her bodycount” utilise le pronom féminin en anglais. Sur les réseaux sociaux, les internautes dénoncent une façon de juger et d’humilier les femmes. 

Sénégal : les peines doublées pour lutter “contre l’homosexualité”

Ce mercredi 11 mars, l’Assemblée nationale sénégalaise a voté pour un doublement des peines réprimant les relations homosexuelles, punies désormais de cinq à dix ans de prison. Le pays traverse une vague d’homophobie depuis plusieurs semaines et des arrestations de personnes ont été dénoncées. La loi prévoit également des sanctions pénales contre, notamment, la promotion de l’homosexualité au Sénégal. Cette loi ferait du pays l’un des plus répressifs en Afrique contre les personnes LGBT+. Le média Tétu rappelle que plus de la moitié des pays africains répriment l’homosexualité et la peine de mort est encourue en Ouganda, en Mauritanie ou encore en Somalie.

Ouzbékistan : modèle asiatique en matière de droit des femmes

Le pays montre une progression impressionnante dans l’égalité de genre et de la gouvernance. Cela est dû à une refonte législative inscrivant des dispositions en faveur de l’égalité dans la Constitution, une stratégie nationale de développement et plus de 110 textes de loi. L’Ouzbékistan compte à présent 54 % de femmes dans les effectifs de l’enseignement supérieur et 61 % des stagiaires, assistantes de recherche et doctorantes. Le gouvernement a misé sur l’aide auprès des femmes à faibles revenus pour leur permettre un accès à l’université. Et cela va plus loin, en 2025, plus de 380 000 femmes ont obtenu des prêts pour un montant total de 1,52 milliard d’euros afin de créer des entreprises. Les femmes ont à présent leur place dans des postes d’ingénieurs, de cheffes d’entreprise ou de conductrices d’engins lourds. Malgré tout, les violences basées sur le genre et les normes sociales restent des freins à l’égalité complète. 

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