Chaque semaine, Lysistrata vous donne les cinq actus de la semaine en matière de droits des femmes dans le monde. Cette semaine : un congé maternité et un autre menstruel, crise de l’eau, reconnaissance des violences sexuelles envers les autochtones d’Argentine et une nouvelle mise en danger du droit à l’avortement.
Monde : Les femmes et les filles premières victimes de la pénurie d’eau
Dans son rapport Eau pour tous : égalité des droits et des chances de 2026, l’ONU avertit que les femmes et les filles sont les premières victimes des pénuries d’eau et du manque d’installations sanitaires dans le monde entier. Dans plus de 70 % des foyers ruraux des pays en développement n’ayant pas accès à l’eau courante, ce sont les femmes qui sont responsables de la collecte d’eau. Les femmes et les filles consacrent collectivement 250 millions d’heures par jour à la collecte de l’eau à l’échelle mondiale. Un temps qu’elles perdent pour leur développement économique et social. Certaines filles ne pouvant ainsi pas se rendre à l’école. Selon le rapport, une hausse de température de 1 °C augmente la durée de travail hebdomadaire des femmes de 55 minutes en moyenne par rapport à celle des hommes. Khaled El-Enany, directeur général de l’Unesco, a déclaré : “Lorsque les femmes ont un accès égal à l’eau, c’est toute la société qui en bénéficie.”
Argentine : Un projet de loi pour reconnaître les violences sexuelles à l’encontre des femmes autochtones
Le 19 mars, des femmes autochtones de l’organisation autochtone “Na Nechepa” (Levons-nous) se sont présentées devant les membres de la Commission des droits de l’homme du Sénat de Salta en Argentine sur l’importance d’approuver la “loi Octorina”. Cette proposition de loi, déjà amendée par la Chambre des députés vise à reconnaître comme crimes de haine raciale le viol et les violences sexuelles systématiquement perpétrés contre les femmes, les adolescentes et les filles, principalement en raison de leur appartenance à la communauté autochtone. Les membres de Na Nechepa, estimant que “ce qui n’est pas nommé n’existe pas” ont appelé à une visibilisation de ce projet de loi auprès de la population. Elles rappellent également que cette initiative du sénateur Walter Cruz “est le fruit de la lutte et du courage de nombreuses sœurs qui ont partagé leurs témoignages, qui se sont battues et continuent de se battre pour rendre cette réalité visible ; ainsi que du soutien d’un vaste réseau d’organisations féministes dans notre province.”
Kenya : Un congé menstruel au comté de Nairobi
Depuis décembre 2025, les employées du gouvernement du comté de la capitale, Nairobi, disposent d’un congé menstruel de deux jours par mois. Le but est d’augmenter leur bien-être et leur productivité. Selon le gouverneur du comté, Johnson Sakaja, auprès d’Associated Press, d’autres gouverneurs de comté et le gouvernement national du Kenya ont depuis manifesté leur intérêt pour cette mesure. Plus de la moitié des 18 000 employés du comté de Nairobi sont des femmes. Si certaines critiques ont avancé l’idée qu’une telle mesure pourrait dissuader certains employeurs d’embaucher des femmes, Johnson Sakaja estime lui que les femmes sont plus performantes que les hommes lorsqu’elles bénéficient d’un soutien. Pour le gouverneur, “les droits des femmes ne sont pas un frein à la productivité”.
Sport : Un “congé maternité” dans le surf
En surf, la Française Johanne Defay s’est vu octroyer une “Wildcard maternité” par la World Surf League (WSL). Une première dans le monde du surf qui jusque-là n’avait aucun dispositif dédié à la maternité. Ainsi, Johanne Defay pourra officiellement réintégrer le Championship Tour en 2027 sans avoir à repasser par les qualifications. En effet, pour participer au Championship Tour de la WSL, les surfeuses doivent se qualifier chaque saison via le classement ou le circuit Challenger Series. Mais avec cette “Wildcard maternité”, les jeunes mères pourront se qualifier directement selon leur précédent classement. Les sportives n’auront plus à choisir entre leur carrière et leur vie de famille. Mais le dispositif connaît des limites. Une seule “Wildcard maternité” est disponible par saison. Si plusieurs surfeuses sont éligibles, alors le passe-droit ira à une ancienne championne du monde ou à défaut, à la candidate ayant eu les meilleurs résultats lors de la saison précédente.
États-Unis : Une femme inculpée de meurtre après un avortement
Dans l’État de Géorgie, Alexia Moore, 31 ans, est incarcérée depuis le 4 mars pour meurtre et possession illégale de drogue selon les archives de la prison du comté de Camden. Son inculpation pour meurtre fait suite à une prise de pilule abortive, alors que depuis 2019, l’avortement est illégal dans l’État, après la détection d’une activité cardiaque embryonnaire. Or, d’après le corps médical, Alexia Moore s’est présentée à l’hôpital le 30 décembre se plaignant de douleurs au ventre suite à sa prise de médicament. Le fœtus aurait survécu environ une heure. Alexia Moore était enceinte d’environ six semaines. Un délai donc tout à fait approuvé par la Food and Drug Administration des États-Unis pour un avortement de ce type. Un délai souvent trop court pour que les femmes prennent conscience de leur grossesse. La décision de poursuivre Moore pour meurtre reviendra à Keith Higgins, procureur de Brunswick, qui devra d’abord obtenir une inculpation d’un grand jury. S’il décide de donner raison à l’inculpation, l’affaire Moore deviendra un précédent dans la jurisprudence de l’État.
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