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Lysistrata Média

Les 5 actualités de la semaine du 13 au 17 avril 2026 sur les droits des femmes dans le monde

Comme chaque vendredi, Lysistrata vous donne les 5 actus de la semaine sur les droits des femmes dans le monde. Cette semaine : une cheffe des armées pour la première fois en Australie, un meilleur accès aux médicaments de prévention du VIH, une loi liberticide et une potentielle parité démocratique en Inde et enfin une vice-présidente victime de sexisme et de racisme.

Australie : pour la première fois une femme à la tête des armées

Lundi 13 avril, le ministre de la Défense australien a annoncé la prochaine personne à la tête de l’armée du pays. Il s’agit de la lieutenante-générale Susan Coyle qui deviendra alors la première femme à occuper ce poste de cheffe des armées d’Australie depuis sa création il y a 125 ans. Pendant ses 30 années de carrière, Susan Coyle a notamment servi dans les Îles Salomon, en Afghanistan et au Moyen-Orient. Nommée cheffe du Groupe des capacités interarmées en juillet 2024, elle dirige les domaines du spatial et cybernétique ainsi que le soutien national à la défense. Pour sa nomination, Susan Coyle a mis en avant son expertise dans les domaines de la cyberguerre, alors même que l’armée australienne se dote de drones et de moyens de frappe à longue-portée. Elle a affirmé au ministre de la Défense australien Richard Marles qu’“on ne peut pas devenir ce qu’on ne voit pas”. Cette nomination pourrait montrer aux femmes et filles australiennes qu’elles ont, elles aussi, leur place à des postes à responsabilité.

Monde : Plus d’accès aux médicaments de prévention du VIH

Mardi 14 avril, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a déclaré que les premières livraisons de lenacapavir, un médicament de prévention du VIH, ont atteint neuf pays africains. Il a également annoncé l’extension de la fourniture du traitement à 12 pays supplémentaires, dont les Fidji, l’Indonésie, le Maroc, le Rwanda ou encore la Thaïlande. L’objectif est d’atteindre trois millions de personnes d’ici à 2028. Selon le Fonds mondial, les premières données du programme montrent que l’adoption du traitement est particulièrement réussie parmi les populations prioritaires comme les femmes enceintes et allaitantes, les adolescentes ou encore les jeunes femmes. Mais l’ONG Médecins sans frontières s’inquiète du fait que la volonté du Fonds mondial d’atteindre “seulement un million de personnes supplémentaires en trois ans ne représente qu’une infime partie de ce qui est nécessaire pour véritablement endiguer l’épidémie de VIH”.

USA : Une loi douteuse contre la liberté d’expression

Mercredi 15 avril, les législateurs de l’État du Tennessee aux États-Unis ont adopté une loi dite Charlie Kirk. Cette loi interdirait aux universités du Tennessee de restreindre l’accès aux conférenciers invités en fonction de leurs opinions. Les formes courantes de protestation comme les chants ou le port de pancartes obstruant la vue pourraient être considérées comme perturbatrices et punies d’une mise à l’épreuve, d’une suspension ou d’une expulsion de l’étudiant. Une telle loi vient avant tout protéger les opinions anti-avortement ou lgbt-phobes. Ce projet de loi porte le nom du militant d’extrême droite assassiné en septembre dernier, car il aurait “donné sa vie pour la défense de la liberté d’expression” selon Gino Bulso, un des porteurs du projet. La loi doit encore être approuvée par le gouverneur de l’État Bill Lee.

Inde : vers une parité démocratique sans arrière-pensée ?

Jeudi 16 avril, le gouvernement indien a annoncé une initiative visant à réformer son système démocratique en réservant notamment un tiers des sièges du Parlement aux femmes. En pleine élections législatives, l’opposition estime qu’il s’agit avant tout d’une tentative de manipulation de l’opinion publique. “Je crois que la voix des femmes dans cette assemblée apportera une force nouvelle, une réflexion novatrice et une plus grande sensibilité” a déclaré le Premier ministre Narendra Modi. Si les principaux groupes d’opposition ont déclaré soutenir les quotas pour les femmes, ils accusent également le gouvernement indien de chercher, avec cette initiative, à récolter plus de voix dans un Parlement où il ne dispose pas de la majorité.

Colombie : Une Vice-présidente victime de racisme

Dans un entretien pour le média anglais The Guardian, Francia Márquez, la première vice-présidente noire de Colombie revient sur ses quatre années de mandat et au racisme auquel elle a été confrontée. En 2022, Francia Márquez devient la première vice-présidente racisée dans un pays où seulement 10 % de la population est noire. Elle est également l’une des trois seules femmes noires à avoir occupé la vice-présidence dans un État sur le continent américain, après Epsy Campbell Barr au Costa Rica en 2018 et Kamala Harris aux États-Unis en 2021. Francia Márquez estime qu’elles ont toutes les trois été bloquées par leur gouvernement. “Il s’agit d’une stratégie raciste, et peu importe que le gouvernement soit de droite ou de gauche ; cela s’est produit” a-t-elle confié au Guardian. La vice-présidente est également revenue sur les tensions dans ses relations avec le président colombien Gustavo Petro, à qui elle ne parle pratiquement plus depuis plus d’un an, et sur le racisme dont elle est victime, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du gouvernement. “L’État colombien est un État raciste”, a-t-elle déclaré.
Un entretien qui montre qu’accéder à un poste à responsabilité, en plus d’être rare pour une femme racisée, ne la protège pas du racisme et du sexisme.

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