Il soutient les organes internes, joue un rôle dans la continence et le plaisir sexuel, mais malgré tout, il reste encore très peu connu. Il s’agit là du périnée.
Si dans plusieurs ethnies en Afrique, au Brésil ou encore en Inde, le plancher pelvien est considéré comme le muscle du plaisir, en Europe, il reste encore tabou. Sûrement, par son caractère sexuel, l’existence et le fonctionnement du périnée restent encore trop méconnus. Car oui, le périnée n’est pas seulement un organe féminin et son dysfonctionnement peut avoir des conséquences sur la qualité de vie.
Qu’est-ce que le périnée ?
Constitué de muscles, de parties molles et d’aponévrose, chez la femme, le périnée s’étend du pubis au coccyx. Plus couramment, il peut être imaginé comme un petit “hamac” qui ferme l’excavation pelvienne. Le plancher pelvien soutient la zone du petit bassin et englobe les organes génitaux et l’anus en laissant passer l’urètre, le vagin et le rectum. Si on parle le plus souvent du périnée dans le cas des grossesses et de son rôle dans la continence, il est également sollicité au quotidien pour d’autres efforts comme les rires, le port de charges lourdes ou encore la marche.
On peut ainsi accorder quatre grandes fonctions au périnée. La première est donc la continence, que ce soit au niveau de l’urètre avec la miction ou de l’anus avec la défécation. C’est en se contractant au niveau des muscles des sphincters qu’il permet l’ouverture et la fermeture des différents conduits. Sa deuxième fonction est celle de soutien des organes comme la vessie et l’urètre, le vagin et l’utérus ou encore le rectum et l’anus. Puis viennent ses fonctions les plus connues, à savoir l’expulsion lors de l’accouchement et le plaisir sexuel.
Une zone encore trop peu connue
Pourtant, malgré son importance quotidienne et permanente dans la vie des femmes, le plancher pelvien reste peu connu. Dans son mémoire de fin d’études de sage-femme, Justine Marull a étudié ces méconnaissances. Il en sort que 48,82 % des 297 participantes de 18 à 72 ans, estiment ne pas avoir de connaissances sur le périnée. Parmi les femmes estimant avoir eu connaissance du périnée avant l’étude de Justine Marull, 52,77 % ont été informées par des professionnels de santé, 45,63 % lors d’une grossesse ou de l’accouchement, 25,87 % dans le cadre de leur cursus scolaire, 7 % à l’occasion de troubles pelvipérinéaux et 15 % de manière autonome par curiosité. Ainsi, les femmes n’ayant jamais connu de grossesse ont de fortes chances de ne jamais connaître le fonctionnement de leur périnée, ce qui peut entraîner un retard de soin et une aggravation des symptômes. Toujours selon l’étude de Justine Marull, seulement 22,68 % des femmes sont informées sur les dysfonctionnements périnéaux. La méconnaissance de cette zone devient alors un véritable problème de santé publique.
32 % des Européennes souffrent de troubles périnéaux
Lorsqu’il dysfonctionne, le périnée peut être à l’origine d’incontinences urinaires et fécales. Selon l’Association Française d’Urologie, 25 à 40 % des femmes déclarent avoir une incontinence urinaire, dont moins de 20 % avant 25 ans et plus de 45 % après 75 ans. Une autre étude de 2013 montre une prévalence de 60 % pour l’incontinence urinaire et 40 % pour l’incontinence fécale (concerne 7,5 % des femmes) chez les femmes n’ayant jamais connu de grossesse.
Une autre conséquence d’un trouble périnéal est que 40 % des femmes au-delà de 45 ans présenteront un prolapsus plus ou moins évolué. Le prolapsus génital est une descente des organes du bas-ventre, dans le vagin ou à l’extérieur de la vulve. Cette descente d’organes résulte d’un relâchement ou affaiblissement des ligaments, des tissus conjonctifs et muscles pelviens. Les troubles liés au plancher pelvien ne concernent donc pas seulement les femmes ayant eu une ou plusieurs grossesses et n’arrivent pas avec l’âge.
Le sport, allié ou ennemi du périnée ?
Outre les grossesses et le vieillissement, la pratique de certains sports peut également venir endommager le périnée. Ainsi, les sports qui demandent des contractions au niveau des muscles abdominaux comme la gymnastique, ou ceux qui impliquent des impacts au sol comme le handball, augmentent la pression au niveau du périnée, ce qui peut entraîner un relâchement des muscles et donc une incontinence urinaire. D’autres sports à impact comme la course à pied, le step, ou encore le basket tassent les organes vers le bas et appuient sur le périnée, ce qui l’affaiblit. On retrouve donc chez les sportives de haut-niveau, mais également amateures des problèmes de dysfonctionnement de leur périnée souvent dû à une mauvaise connaissance de ce dernier combiné à la pratique de leur sport. Car en combinant ces sports à impact avec d’autres sports comme la natation, le roller ou encore le vélo, il est possible de préserver la ceinture pelvienne.
Autre souci avec le sport, un périnée trop musclé, peut devenir hypertonique caractérisé par une perte d’élasticité des muscles périnéaux. Ce qui peut entraîner du vaginisme ou de la dyspareunie (douleur génitale ressentie avant, pendant ou après les rapports sexuels, pouvant être superficielle ou profonde). Un périnée hypertonique peut également résulter du stress ou d’une constipation. Mais la sédantaritée peut altérer la circulation et désengage les muscles profonds soutenant le périnée, ce qui peut mener à une hypotonicité, c’est-à-dire une diminution du tonus musculaire pouvant notamment entraîner des soucis d’incontinence.
Ainsi, la première étape dans le traitement et la prévention des troubles pelvi-périnéaux, qui peuvent s’avérer extrêmement handicapants dans le quotidien, réside peut-être dans l’éducation des femmes et hommes sur le plancher pelvien ?
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