Chaque semaine, Lysistrata vous donne les cinq actus de la semaine en matière de droits des femmes dans le monde. Cette semaine : deux sœurs remportent un prix d’écologie, les femmes n’ont pas dit leur dernier mot en courses hippiques, des chiffres inquiétants et une grande question : où sont les femmes ?
Cinéma – Loin des projecteurs les femmes disparaissent
Impossible de passer à côté : mercredi s’ouvrait la 79ᵉ édition du festival de Cannes. Depuis nos réseaux sociaux et les médias, sont inondés d’images de stars sur la croisette. Mais une grande question se pose : à l’abri des paparazzi, les femmes ont-elles encore leur place au festival ? Hier, le collectif Femmes à la caméra publiait sur son compte Instagram un décompte “étonnant” quand on sait que cette édition se voulait plus inclusive. Thelma et Louise figurent même sur l’affiche du festival ! Pourtant, si les femmes sont présentes à l’affiche et sur le tapis rouge, derrière la caméra une tout autre histoire se dessine. Ainsi, Femmes à la caméra montre que la sélection reste très fermée aux femmes directrices de la photographie. Si la sélection officielle de longs-métrages ne compte que 3 femmes directrices de la photographie, le record est battu par la sélection hors compétition qui en compte zéro… Mais si leur présence est plus importante à l’ACID (36 %), la parité n’est toujours pas atteinte.
(Femmes à la caméra le 14 mai)
Sport – Chevauchée pionnière dans l’hippisme US
Les femmes brisent le plafond de verre dans les courses hippiques de la Triple Couronne, la plus haute distinction dans les courses de pur-sang. À travers le Kentucky Derby, les Preakness Stakes et les Belmont Stakes, des pur-sang de trois ans se disputent le titre durant cinq semaines. Le calendrier serré et les courts temps de récupération font de la Triple Couronne l’une des distinctions les plus difficiles du sport. Ainsi, demain aura lieu la deuxième étape du titre. Une étape à suivre de près puisqu’il y a à peine deux semaines Golden Tempo gagnait le kentucky Derby, faisant de Cherie DeVaux la première femme entraîneuse à remporter la course en 152 ans d’histoire.
Demain, Taj Mahal, grand favori de la course, pourrait faire de Brittany Russell la première entraîneuse de l’histoire à remporter les Preakness. Si les courses hippiques se présentent souvent comme le seul grand sport où femmes et hommes concourent à égalité, un plafond de verre reste présent. Depuis Mary Hirsch, la première femme à obtenir une licence d’entraîneur aux États-Unis en 1934, seule Jena Antonucci a jusque-là remporté une course de la Triple Couronne en tant qu’entraîneuse avec Arcangelo à Belmont Stake en 2023. Cette année, un nouveau plafond de verre pourrait se briser dans le monde du sport. Affaire à suivre…
Palestine – L’écologie en temps de guerre
Cette année, les lauréates régionales pour le Moyen-Orient du Prix de la Terre sont deux sœurs gazaouies. À seulement 15 et 17 ans, Farah et Tala ont transformé des décombres en briques réutilisables. Leur but ? “Transformer la destruction en quelque chose d’utile”. Elles ont construit des blocs de briques en broyant les gravats et tamisant les débris avant de les mélanger à des matériaux comme de l’argile, des cendres et de la poudre de verre. Un prototype qui leur aura valu le Prix de la Terre 2026. Le Prix de la Terre est une compétition environnementale pour les étudiants de 13 à 19 ans. Les deux sœurs comptent utiliser leur prix, 12 500 $ (10 742 €) pour animer des ateliers de formations pour que les jeunes puissent “participer eux-mêmes à la reconstruction, au lieu d’attendre seulement une aide extérieure” explique à la BBC Farah, 15 ans.
(BBC le 13 mai)
France – La LGBTIphobie loin de diminuer
Lundi 11 mai, SOS Homophobie publiait son rapport 2026 sur les LGBTIphobies. À l’heure d’une polarisation de la société, les chiffres sont inquiétants. Selon le rapport, 1 771 cas de LGBTIphobie ont été recensés en France en 2025, soit une augmentation de 9 % par rapport à 2024. Déjà en 2025, l’association lançait l’alerte sur “la montée de courants réactionnaires et conservateurs véhiculant une parole hostile de plus en plus décomplexée, cautionnant ainsi des violences et discriminations répercutées dans la société”. Les LGBTIphobies se manifestent notamment par le rejet et l’ignorance (42 %), les insultes (36 %), le harcèlement (17 %) mais aussi par les agressions physiques (11 %), l’amalgame avec pédocriminalité (2 %) ou encore le licenciement (1 %). En tout 15 formes de LGBTIphobies sont décomptées par SOS Homophobie. Les hommes cis restent les premières victimes de la LGBTIphobie (49,5 %). Parmi les recommandations et revendications du rapport, SOS Homophobie propose notamment de “soutenir la recherche universitaire sur les LGBTIphobies, sa diffusion et sa valorisation”, de “déjudiciariser la procédure de changement de la mention du sexe à l’état-civil” ou encore de “renforcer la formation aux discriminations et aux crimes de haine des forces de l’ordre et personnels de sécurité”.
(SOS homophobie le 11 mai)
Etat-Unis – Le boys club
À l’occasion du déplacement de Donald Trump en Chine, la Maison Blanche a publié la liste des 17 dirigeants d’affaires et dirigeants d’entreprises qui accompagnent le président étasunien. Ainsi, mercredi, ce sont pas moins de… 15 hommes et seulement… deux femmes, qui accompagnaient le président étasunien pour son déplacement de deux jours. Peut-être que la parité se trouve ailleurs ? Dans l’équipe du président ? Spoiler alerte : non. La délégation américaine était presque exclusivement masculine. Les femmes y occupaient des rôles de communication ou de protocole, loin des prises de décisions. Heureusement, Lynn Martin, présidente de la Bourse de New York, a affirmé sur les réseaux sociaux, avoir été présente lors du déplacement. Avec Jane Frasher, directrice générale de Citi et Dina Powell McCormick, présidente de Meta, les deux femmes inscrites sur la liste officielle, le club sélect d’affaires de Donald Trump comportait donc trois femmes. À ce rythme-là, on peut continuer de parler de “boys club”… Mais comme on dit “il y a toujours pire ailleurs”. Du côté de la délégation chinoise, au sein du Politburo chinois, l’organe décisionnel de la délégation du président Xi, on compte 24 membres dont… 24 hommes.
(New York Times le 14 mai)
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