Chaque semaine, Lysistrata vous donne les cinq actus de la semaine en matière de droits des femmes dans le monde. Cette semaine : un magasin pas comme les autres, une décision victorieuse, l’aboutissement d’un projet tant attendu, un commissariat qui se démarque et un site internet à vomir.
Angleterre : FOUDYS ouvre le score
Avez-vous déjà remarqué que lors d’un match de foot, rares sont les supporters à porter le maillot d’une joueuse ? C’est le constat qu’a fait Helen Hardy lors d’un match entre l’Angleterre et la Norvège en 2019. Un an plus tard, FOUDYS une boutique en ligne qui permet aux supporters d’acquérir le maillot de leur joueuse préférée, introuvable en magasin.
Cet été, pendant la coupe du monde masculine, FOUDYS ouvre sa première boutique à Manchester en Angleterre, devenant ainsi le premier magasin au monde entièrement dédié au foot féminin. Mais la boutique ne se contente pas de vendre crampons et maillots, c’est avant tout un espace pour les fans de football qui ne se reconnaissent pas dans la culture dominante du football masculin. Et Manchester n’est que la première étape. Des boutiques à Londres, New York et en Australie sont déjà en discussion.
Italie : “Une victoire pour toutes les femmes”
Lundi, la Cour européenne des droits de l’Homme a condamné l’Italie pour ne pas avoir suffisamment protégé une victime de viols et violences conjugales. Les faits remontent à 2021 lorsqu’une ressortissante française porte plainte contre son ancien conjoint pour violences conjugales et viols. Mais la procureure saisie du dossier classe l’affaire sans suite, estimant qu’”il est normal” pour un homme de faire face à “un minimum de résistance” de la part de sa compagne “fatiguée par la vie quotidienne” lors d’un rapport sexuel. Quid des menaces de morts que rapporte la plaignante ? Ce sont des “plaisanteries de mauvais gout” pour la magistrate. Une fois la procureure écartée du dossier, l’ex-compagnon a été condamné à quatre ans et demi de prison avant de faire appel. Saisi par la victime, la CEDH a estimé que les propos de la procureure consistaient en des “stéréotypes sexistes” et a condamné l’Italie à verser 60 000 € de dommages et intérêts à la plaignante qui qualifie cette décision de “victoire pour toutes les femmes”.
Ouest France, le 8 juillet
Canada : L’aboutissement d’un projet tant attendu
Au Québec, un 36ᵉ tribunal spécialisé en violences conjugales et agressions sexuelles a été annoncé lundi. Il s’agit de la dernière province à se doter d’un tel tribunal, quatre ans après le lancement du projet pilote à l’origine de ces tribunaux. L’objectif était au départ de “redonner confiance aux victimes d’agressions sexuelles et de violences conjugales envers le système de justice” a rappelé la première ministre canadienne Christine Fréchette lors de l’annonce du nouveau tribunal. Avec ces tribunaux, le ou la plaignante se retrouve face aux mêmes équipes d’enquête jusqu’au procès et dispose également de l’aide d’une personne spécialisée. La personne déposant une plainte n’a plus à répéter son histoire à chaque nouvelle personne prenant en charge son dossier. L’ancienne procédure, qui fait revivre le traumatisme aux victimes à plusieurs reprises, décourage certaines victimes à porter plainte.
La Presse, le 6 juillet
Inde : Une mise en confiance nécessaire
Si les postes de polices exclusivement réservés aux femmes existent depuis 2015 en Inde, pour la première fois un commissariat se dote d’une équipe 100 % féminine à Delhi. Plus de 11 ans plus tard, l’objectif est toujours le même : donner confiance aux femmes qui n’osent pas se rendre au commissariat pour porter plainte en rendant la démarche plus sûre et accessible. Spécialisées dans les délits commis à l’encontre des femmes et des enfants, les équipes enquêteront sur des affaires allant du harcèlement aux violences de genre et violences conjugales, et ce, jusqu’à la dernière étape de la prise en charge des victimes. Des dispositions bienvenues puisqu’en 2024, 441 000 crimes contre les femmes ont été recencés en Inde.
L’importante, le 7 juillet
France : Petite peine pour grand délit aux grandes conséquences
Mardi, un niçois de 47 ans a été condamné à deux ans de prison, dont un avec sursis et une amende de 10 000 € pour avoir administré un site, CFake.com de deepfakes, hypertrucages à caractère sexuel mettant en scène des personnalités féminines. Créé en 2007, le site a attiré jusqu’à 4 millions de visiteurs mensuels. Ses plus de 250 000 membres se partageaient des contenus pornographiques mettant en scène 140 000 femmes qui avaient comme seul point commun d’avoir une page Wikipédia en leur nom. Le prévenu estime l’arrivée de ces contenus sur sa plateforme avec la démocratisation de l’IA il y a environ trois ans. Sur les 13 plaignantes, seule une a osé se rendre au tribunal. Il faut que la honte change de camp.
Le Monde, le 8 juillet
Partager :
- Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
- Cliquer pour envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
- Cliquer pour imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
- Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
- Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
- Cliquez pour partager sur Reddit(ouvre dans une nouvelle fenêtre)