Aller au contenu

Lysistrata Média

Les 5 actualités de la semaine du 13 au 17 juillet 2026 sur les droits des femmes dans le monde

Chaque semaine, Lysistrata vous donne les cinq actus de la semaine en matière de droits des femmes dans le monde. Cette semaine : un rapport qui glace le sang, une politique militaire qui questionne, des manifestations, un guide nécessaire et un festival qui inspire. 

Sport : Un guide nécessaire

L’Union européenne de Radio-Télévision, en collaboration avec la Fédération européenne d’athlétisme, vient de publier un guide pour modifier la manière dont les femmes sont filmées lors des compétitions et ainsi éviter de sexualiser les athlètes lors des Championnats d’Europe d’athlétisme de 2026, qui débutent le 10 août prochain. Sur une vingtaine de pages, le guide donne des conseils pour mieux cadrer les athlètes, comme éviter les plans serrés sur une partie du corps ou encore filmer en contre-plongée par-derrière ou par-dessous les athlètes. De plus, en arrêtant de sexualiser les athlètes et en déplaçant le regard, l’objectif est également de mettre en avant les performances des athlètes féminines, qui sont finalement le véritable enjeu des compétitions. Pour éviter toute tentative de contourner les conseils, les ralentis seront désormais visionnés avant diffusion.  

France : Enfin un festival qui a les pieds sur terre

Il y a des paroles qui sont intolérables. Si l’on déplore pour certains l’impunité des célébrités et pour d’autres le fait de ne plus pouvoir rien dire, l’artiste guadeloupéen Lyrrix aura mis tout le monde d’accord. Dans une vidéo publiée en direct sur TikTok, le rappeur menace de violer l’enfant de quatre ans d’une personne qu’il prend à partie. Sa justification ? L’extrait dans lequel il affirme “même si son enfant a 4 ans, je vais mettre mon zizi dans ses fesses” serait sorti de son contexte. Mais fort heureusement certaines choses évoluent et il y a des mots qu’on ne peut plus dire en toute impunité. Car c’est à la suite de cette polémique que la All Day In Music festival a annulé sa participation à l’édition 2026 condamnant dans son communiqué “sans réserve toute forme de violence et de violences sexuelle”. Certains festivals devraient s’en inspirer. 

 

 

La 1ère Guadeloupe

Monde : Un rapport à glacer le sang 

Dans le rapport Beyond the Breaking Point, ONU Femmes revient sur l’impact des coupes budgétaires dans l’aide humanitaire. Le rapport s’appuie sur les réponses de 855 organisations dirigées par des femmes et organisations de défense des droits des femmes réparties dans 52 pays. Alors que 84 % d’entre elles affirment que la demande pour leurs services a augmenté depuis janvier 2025, près de neuf organisations sur dix indiquent ne plus être en mesure de répondre aux besoins sur le terrain. Ces données, plus qu’inquiétantes dans un contexte mondial où les conflits armés atteignent leur niveau le plus élevé des 80 dernières années, sont la conséquence directe de la baisse annuelle jamais enregistrée de l’aide publique au développement. Les 120 millions de femmes et de filles ayant besoin d’aide humanitaire dans le monde sont les premières victimes de ces coupes budgétaires. 

Mais les conséquences impactent également les femmes qui dirigent ou travaillent dans ces organisations et qui n’hésitent pas à sacrifier leur temps de travail, leurs revenus et leur bien-être pour tenter d’assurer leurs missions. Missions d’autant plus importantes quand on sait que le nombre de filles scolarisées augmente, tout comme la pauvreté chez les femmes et les violences sexuelles liées aux conflits, qui ont doublé en 2025. Le rapport met en lumière le fait que les conséquences dépassent l’aide humanitaire, mais s’inscrivent dans un recul mondial des droits des femmes et des filles. 

 

ONU 

USA : Quand l’armée la plus puissante flirte avec la manosphère

Le secrétaire à la Défense étasunien Pete Hegseth n’en rate pas une pour se rapprocher de l’électorat masculiniste. En début de semaine, il a commencé par bloquer la promotion de sept officiers supérieurs de la Marine, dont cinq femmes ou personnes racisées. Pour la première fois en plus de dix ans, aucune officière navale en service ne sera promue amiral cette année. Si Pete Hegseth n’a pas justifié son geste, il a cependant affirmé que l’armée s’était récemment trop focalisée sur la promotion de personnes racisées et de femmes, au détriment des hommes blancs. Une décision loin d’être inattendue quand on sait que, dans son livre publié en 2024, il écrivait : “Nous ne nous arrêterons pas tant que les femmes noires trans-lesbiennes ne contrôleront pas tout !”. Depuis sa prise de fonction, Pete Hegseth a limogé ou mis sur la touche plus de deux douzaines de généraux et d’amiraux, dont l’amiral Lisa Franchetti, qui n’est autre que la première femme à diriger la Marine. Mais ses décisions visant à flirter avec la manosphère ne s’arrêtent pas là. Pete Hegseth a également annoncé mercredi un nouveau programme de dépistage obligatoire visant à tester les militaires de plus de 30 ans, peu importe leur genre, pour détecter une carence en testostérone. Si le dépistage est volontaire, toute personne ayant un taux hormonal jugé trop faible pourra recevoir une thérapie de remplacement de testostérone pour “restaurer et optimiser votre capacité naturelle” a affirmé Pete Hegseth. 

 

New York Times 

Inde : Des manifestations après le meurtre d’une enfant de 11 ans

L’agression sexuelle et le meurtre d’une enfant de 11 ans au Bengale-Occidental, en Inde, ont déclenché plusieurs jours de manifestations dans la ville de Baruipur. Alors que le parti au pouvoir nouvellement élu s’est engagé à améliorer la sécurité des femmes et des filles, le crime a pris une dimension politique opposant les hindous et les musulmans. Alors que les musulmans sont victimes d’une politique de diabolisation par le Premier ministre indien, une inspectrice de police en charge de l’affaire a déclaré publiquement que la victime était musulmane tandis que le principal suspect, depuis tué en garde à vue, était hindou. 

Une autre source de tension et de colère repose sur les dernières élections législatives. Le nouveau parti élu, le BJP, avait alors basé sa campagne sur une promesse de protection des femmes et des filles après le viol et le meurtre d’une médecin de Kolkata. La mère de la victime, candidate à la législature, a gagné. Mais voilà, après le meurtre de la fillette de 11 ans, les critiques estiment que les dirigeants du BJPutilisent la question de la sécurité des femmes pour toucher un électorat féminin, sans réellement s’y intéresser. Combien de filles devront se faire agresser et tuer pour que la question de la sécurité des filles et des femmes soit prise en compte dans le monde ?

Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *