Faut-il ou ne faut-il pas inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution ? Si cette question a des airs de déjà vu de ce côté de l’Atlantique, au Canada, le débat fait rage depuis que le ministre de la Justice du Québec Simon Jolin-Barrette a déposé le projet de loi 1 ou Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec. Cette dernière veut que « L’Etat protège la liberté des femmes d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse. » Mais voilà, féministes, avocats et médecins se soulèvent contre cette proposition de loi.
Si le gouvernement part d’une bonne intention, légiférer l’avortement pourrait permettre à de futurs gouvernements d’y ajouter des restrictions. Or, depuis 1988 et l’arrêt Morgentaler, l’avortement n’est pas encadré par une loi. Même si cela paraît contre-intuitif, cette décision permet de protéger l’interruption volontaire de grossesse de toute forme de restriction. Malgré une absence de cadre juridique, le taux d’avortement a diminué depuis 1997 et très peu de complications sont observées lors d’une interruption volontaire de grossesse selon la coalition pour le droit à l’avortement de 2023. Pour le Collège des médecins du Québec un tel projet de loi pourrait donc offrir « un levier aux mouvements anti-choix ».
Face à ces oppositions, le ministre Jolin-Barrette a refusé de reculer puisque « la menace au droit à l’avortement est réelle dans l’état actuel du droit au Québec et au Canada ».
Comme quoi, pour nos amies étasuniennes qui veulent quitter leur pays face au recul de leurs droits (notamment celui du recours à l’avortement) le Canada n’est peut-être plus la meilleure option…