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Lysistrata Média

Inégalités électives : pourquoi les femmes ont mis si longtemps à obtenir le droit de vote ?

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Voilà bien une question digne du pays des droits de l’homme – au sens du pays qui n’a pas toujours été celui des droits des femmes : « Pourquoi les Françaises ont-elles attendu 1945 pour voter ? » Oui, pourquoi, alors que Condorcet, philosophe devenu député, (d)écrivait cette évidence dès 1791 : « Les femmes, ayant les mêmes qualités que les hommes, ont nécessairement des droits égaux. » 

Et comment expliquer une telle incongruité, 80 ans après le premier suffrage vraiment universel – les élections municipales d’avril 1945, un droit obtenu des 1893 par les Néo-Zélandaises, en 1913 par les Norvégiennes, en 1919 par les Luxembourgeoises, pour ne citer que trois exemples pris au hasard ? À défaut de pouvoir justifier l’injustifiable, Le Fil de l’histoire et la journaliste Stéphanie Duncan remontent le temps, en compagnie de l’historienne Anne-Sarah Bouglé-Moalic, de la Révolution de 1789 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. « Les femmes, décrète alors le général de Gaulle dans une ordonnance d’avril 1944, sont électrices et éligibles, dans les mêmes conditions que les hommes », merci pour elles.

Le documentaire de France Inter, à écouter ici, en 5 épisodes de 10 minutes ou ici dans sa version intégrale, est à mettre entre toutes les oreilles, pour au moins 3 raisons.

  1. Pour mesurer combien droite et gauche peuvent être capables de s’entendre, quand elles l’estiment primordial : leurs mâles représentants ont en tout cas longtemps admis que la vie civique et politique n’appartenait qu’à eux. Comme un seul homme…
  2. Pour découvrir des destins hors normes, où le courage le dispute à l’abnégation. Quelque chose nous dit que plusieurs héroïnes oubliées de la Révolution de 1848 (celle qui aboutit à la proclamation de la Deuxième république) enrichiront bientôt la galerie de portraits du nouveau rendez-vous que vous donne Lysistrata, un jeudi sur deux, avec un grand F ! Par exemple, Désirée Gay, Jeanne Deroin, Jenny d’Héricourt, Suzanne Voilquin, Adèle Esquiros…
  3. Pour rappeler combien a été grand le rôle des femmes dans la Résistance, après la débâcle de 1940 et jusqu’à la Libération. Certaines voix persisteront bien à contester une mesure d’égalité (au prétexte que les femmes, au lendemain de la guerre, seront plus nombreuses que les hommes, et alors ?), de Gaulle tiendra bon. A voté !

Un article écrit par Sylvain Villaume