Des policiers posant fièrement derrière une banderole antifasciste et féministe « contre la transphobie et le racisme », voici l’image de tolérance et d’espoir de cette fin d’année que personne n’avait vue venir. Oui, mais non. Ces gardiens de la paix ne s’affranchissent pas, ici, de leur devoir de réserve au nom d’un idéal de tolérance ou d’une conscience égalitaire, c’est même tout le contraire : ils sont cagoulés et la banderole est à l’envers. Ce qui change tout ! Comme le souligne Blast, qui a révélé l’affaire le 28 novembre, s’afficher ainsi, visage masqué, le matériel ennemi retourné, est une pratique très connue des groupuscules de supporters ultras des stades de football, une habitude de hooligans, un truc de voyous.
Le 22 novembre, des forces de l’ordre encadraient une manifestation contre les violences sexistes et sexuelles à Paris. La présence du groupe identitaire d’extrême droite Némésis n’était naturellement pas du goût des collectifs antifascistes et féministes. Mais c’est à ce cortège-là que les policiers ont décidé de s’en prendre et, visiblement, de confisquer une banderole plus tard exhibée comme un trophée, en plein commissariat, au pied d’un drapeau français. Une enquête administrative a été ouverte.
« Non contents de se comporter comme de vulgaires hooligans, ces policiers adoptent les codes de miliciens. C’est une prise de position, une volonté d’intimidation, une provocation », s’insurge le député écologiste de Paris, Pouria Amirshahi, rappelant que « la police républicaine est garante des libertés publiques, pas des idéologies ni de l’esthétique de nervis violents, ennemis des idées humanistes. » À ce niveau d’impunité, on se demande ce que de tels policiers se permettraient si l’extrême-droite gouvernait la France.
Par Sylvain Villaume