Chaque semaine, Lysistrata vous donne les cinq actus de la semaine en matière de droits des femmes dans le monde. Cette semaine : une carte pour recenser les femmes autochtones disparues et assassinées, des atteintes aux droits des personnes LGBT+, une escalade de la violence en ligne contre les féministes et une marche pour les droits des femmes.
Canada : Une carte pour recenser les femmes autochtones disparues et assassinées
Mardi, l’association Femmes autochtones du Québec (FAQ) a présenté sa carte des femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues ou assassinées. En tout, l’association a recensé 124 cas pour l’ensemble du territoire québécois entre 1950 et 2026. Les inuites représentent à eux seuls 36 % des cas de disparitions ou de meurtres. Mais la carte souligne un fait loin d’être anodin : les trois quarts des cas de disparition ont eu lieu en dehors des communautés autochtones. Pour Marjolaine Étienne, présidente de FAQ, “ça nous rappelle que cette réalité concerne l’ensemble de la société”. D’après FAQ, 96 personnes de la liste sont des femmes ou filles assassinées, entre 18 et 39 ans. Les meurtres sont en majorité commis par des hommes dans le cadre de “violences conjugales ou familiales”. Cette carte, en plus du devoir de mémoire, a pour objectif de sonner l’alarme sur cette problématique très actuelle. Plus de la moitié des cas recensés sont survenus depuis les années 2000. En 2024, plus de 2500 dossiers portant sur une violence ont été ouverts par les services policiers autochtones québécois.
Sénégal : La peine de prison pour homosexualité double
En début de semaine, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a promulgué une loi durcissant la répression de l’homosexualité dont on vous avait parlé récemment. Les peines de prison pour homosexualité ont été doublées, passant ainsi de cinq à dix ans de prison. Depuis début février, les arrestations pour “actes contre-nature” – ici comprendre rapports homosexuels – sont signalées presque quotidiennement dans la presse.
Les réactions internationales sont plus rares que lors d’autres décisions similaires dans d’autres pays africains ces dernières années. Une des rares prises de position vient d’une ministre wallonne questionnant le financement des projets liés au climat. Une remise en cause qui n’a pas manqué de faire rire ses homologues sénégalais. Selon les experts consultés par l’AFP, divers facteurs peuvent expliquer cette situation : le retrait des États-Unis en tant qu’acteur humanitaire majeur ou encore la peur pour l’Occident de passer pour des donneurs de leçons.
États-Unis : Une marche pour les droits des femmes
Face au recul des droits des femmes dans le pays, une mère et sa fille se sont lancées dans une marche en faveur de ces derniers. Parti de Salem dans l’État de l’Oregon, Emily Waugh et Amy Peck cherchent à rejoindre la capitale, Washington à pied. Elles appellent d’autres personnes à les rejoindre. Leur objectif est de réussir à organiser une “Marche des femmes à travers l’Amérique” de 3 000 miles soit 4 828 km, organisée sous forme de relais, qui devrait les mener à Washington d’ici octobre. Emily Waugh, qui espère trouver des relais pour les fois où elle devra s’absenter, a indiqué avoir déjà reçu des messages de personnes vivant au Texas, Colorado ou encore Missouri. “L’objectif de cette marche est de créer des liens entre des femmes partageant les mêmes idées, d’apaiser une partie de la colère et du chagrin que nous portons toutes, et d’envoyer un message fort à Washington”, a déclaré Emily Waugh, à l’origine de la marche.
Éthiopie : l’escalade de la violence en ligne contre les féministes
Auprès du média anglais, Guardian, les féministes et défenseuses et défenseurs des droits humains éthiopiens témoignent d’une hausse des violences en ligne à leur encontre. Face au danger, certains ont dû quitter le pays. La sœur d’une militante s’étant exilée explique que “si vous vous définissez comme féministe, vous devenez une cible, car ce mot est aujourd’hui associé à des valeurs et des traditions anti-éthiopiennes, contraires à la cellule familiale fondamentale”. Ainsi, les appels en ligne à tuer les féministes sont devenus courants. Aujourd’hui, le manque de données constitue l’un des principaux obstacles à la lutte contre les violences en ligne contre les femmes et les filles dans le pays. L’une des attaques est d’accuser la militante d’être lesbienne dans un pays où l’homosexualité est passible d’une peine de prison. La directrice d’une organisation pour la jeunesse éthiopienne estime que ces violences ont conduit à une exclusion croissante des femmes des espaces publics.
États-Unis : La Cour suprême autorise les “thérapies” de conversion sur les mineurs
Ce mardi, la Cour suprême étasunienne a considéré que l’interdiction des “thérapies” de conversions porte atteinte à la liberté d’expression. Huit des neuf juges ont donné raison à une conseillère psychologique chrétienne qui contestait une loi de l’État du Colorado interdisant les “thérapies” de conversion pour les mineurs LGBT+. Ces “thérapies” qui assimilent l’homosexualité à une maladie ou un trouble mental prétendent pouvoir faire de personnes LGBT+ des individus cis et hétéros. Le Colorado estime qu’en plus d’être irréalistes, elles accentuent les risques de “dépression, d’anxiété, de pensées suicidaires, voire de tentatives de suicide”. Les “thérapies” de conversion peuvent être assimilées à des formes de torture faisant appel à des pratiques comme des exorcismes forcés ou de l’électrochoc. L’ONU appelle à leur interdiction mondiale estimant qu’elles sont discriminatoires, humiliantes et qu’elles violent l’intégrité physique des victimes. Ketanji Brown, l’unique juge contre cette décision, a reproché à ses collègues d’”ouvrir une boîte de Pandore”. Cette décision porte, selon elle, atteinte à la capacité des États à réglementer l’exercice des professions médicales, au possible “détriment de la santé des Américains”.
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