L’inégalité salariale, cet écart de revenu entre les femmes et les hommes, persiste encore en 2026. La question de l’émancipation des femmes par l’argent, de son côté, inspire depuis longtemps les artistes dans la musique.
Vous le voyez sûrement apparaître sur les réseaux sociaux ou dans les médias chaque fin d’année : en France, à partir de la mi-novembre¹, les femmes travaillent symboliquement « sans être payées », en raison d’un écart de salaire moyen de 14,2 % avec les hommes, selon les dernières données.
¹ (En 2025, le 10 novembre selon le calcul des Glorieuses.)
Représenter les « hard working women »
C’est un constat que vous pouvez peut-être faire autour de vous, et il s’explique de différentes manières : les femmes sont plus nombreuses à occuper des postes à temps partiel (3 à 4 fois plus que les hommes), parfois en raison de la maternité — on parle d’ailleurs d’une « pénalité de maternité » (de 20 à 25 % de perte de salaire après le premier enfant). Elles sont aussi moins représentées dans les secteurs d’activité plus rémunérateurs (25 % des cadres dirigeants dans les grandes entreprises sont des femmes).
C’est d’ailleurs en s’inspirant d’Onetta Johnson, qui jonglait entre deux emplois pour subvenir aux besoins de ses enfants, que Donna Summer écrit un hit des années 1980. Lors d’une after-party des Grammy Awards de 1982, elle l’aperçoit s’endormir devant une petite télévision à l’entrée des toilettes qu’elle entretient, et le titre lui vient aussitôt : She Works Hard for the Money (« Elle travaille dur pour gagner sa vie »). Le titre devient un hymne de la classe ouvrière : Donna Summer réclame le respect pour ces femmes, serveuses, aides-ménagères, qui « travaillent au jour le jour, avec pour seule paie des pourboires ».
Gagner son indépendance sans honte
Beaucoup de chansons écrites sur le thème de l’argent par des artistes féminines l’associent à l’émancipation. Parce que travailler pour soi, gagner son propre argent, c’est aussi se permettre d’être une femme libre de ses choix de vie. Cela se traduit par un empowerment concret, bien plus que symbolique, comme chez Ariana Grande dans 7 Rings : « I see it, I like it, I want it, I got it » (« Je le vois, je l’aime, je le veux, je l’obtiens »).
Dans Work It, Missy Elliott affirme ne porter aucun jugement sur la façon dont les femmes gagnent leur argent : Girls, girls, get that cash If it’s nine to five or shakin’ your ass Ain’t no shame ladies, do your thing Just make sure you ahead of the game. (Les filles, les filles, prenez cet argent! Que ce soit un boulot de 9h à 17h ou vous déhanchez, pas de honte mesdames, faites ce que vous voulez ! Assurez-vous juste d’avoir une longueur d’avance.)
Aretha Franklin et les Eurythmics (lire Le drag influence la pop, la pop influence le drag) offrent quant à elles un hymne féministe dans les années 1980, célébrant les femmes qui sortent des rôles traditionnels : « On sort de la cuisine, parce qu’on a oublié de vous dire quelque chose : mes sœurs le font pour elles-mêmes, debout sur leurs deux pieds. »
L’émancipation des femmes continue d’être célébrée par les artistes, que ce soit en revendiquant la richesse acquise par la musique ou en rendant hommage à celles qui travaillent dur pour gagner leur vie, dans un contexte encore hostile à l’égalité salariale.
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