De nombreuses marques proposent des gammes « pour femmes » mettant en avant des clichés sur leur public féminin. Mais la raison est aussi financière, les marques profitent en vendant plus chers ces produits.
“En tant que femme, il était impensable de boire une boisson sans fleur et couleurs pastel sur le packaging.” Sur les réseaux sociaux, les commentaires de ce type se sont multipliés en quelques heures. Un grand merci à la marque de boissons énergisantes Monster d’avoir pris en compte un public féminin pour le lancement de FLRT, une gamme annoncée pour 2026 et pensée “pour les femmes”. Outre la promesse de santé de la peau et des cheveux, la canette sera pastel avec des fleurs stylisées et ne contenant aucun sucre.
La vision des femmes de la marque est rabaissante et un condensé de clichés. Si les boissons énergisantes restent un secteur souvent associé à un public masculin, rempli de virilité et pratiquant des sports extrêmes, les femmes se sont peu à peu appropriées ces boissons et en consomment déjà. Alors à quoi bon créer une gamme spécialement “pour elles” ?
Penchons-nous un instant sur d’autres produits “pour filles” lancés par des marques (et on va pas se gêner pour les citer !) :
- les stylos BIC “for her” vendus comme élégants et délicats
- les Kinder surprises “for girls” avec des jouets féminins tels que des princesses
- les outils de bricolage Boots avec un marteau rose, un tournevis pastel et des outillages plus légers pour ne pas blesser les petites mains féminines
- la marque d’ordinateur Dell qui a mis en vente en 2009 un modèle nommé Della, spécialement conçu pour les femmes, facilitant le shopping en ligne et la consultation de recettes de cuisine.
Vous en avez marre ? Nous aussi ! Ne parlons même pas de toutes les marques de rasoirs qui proposent une gamme rose et une gamme bleue tout en vendant la version rose plus chère et voici la fameuse taxe rose.
Jusqu’à 1300 dollars par an et par personne de différence
Le concept est simple : les produits sont vendus plus chers simplement à cause d’une stratégie marketing. Cela concerne principalement les produits d’hygiène et de beauté : déodorants, shampoing, dentifrices, brosses à dents, gel douche… Mais également les rayons jouets des plus petits. Plusieurs associations ont déjà dénoncé les différences de prix entre un même jouet rose et son homologue en version bleue. Une étude américaine a révélé que les jouets pour filles coûtent en moyenne 5,5 % de plus que ceux destinés aux garçons. Le constat est le même concernant les vêtements destinés aux petites filles : les uniformes féminins étaient en moyenne 12 % plus chers que ceux des garçons au Royaume-Uni en 2021.
Il a été estimé que la taxe rose représenterait pour les femmes une charge supplémentaire moyenne de 1 300 dollars par an aux États-Unis. Cette somme représente ce que les femmes payent en plus pour des produits de consommation quotidiens comme les vêtements et les produits de soins, mais également pour des services comme le coiffeur ou l’assurance automobile. Il n’existe en France aucune législation pour éviter cette taxe rose.