Droit à l’avortement protégé ou menacé, tricot engagé ou encore une caméra cachée loin d’être drôle…Lysistrata vous donne les 5 actus de la semaine sur les droits des femmes.
Luxembourg : Vivement dans trois mois
Mardi 3 mars, les députés luxembourgeois ont validé l’inscription dans la Constitution de la liberté de recourir à l’avortement. Si la contraception faisait à l’origine également partie du projet, elle a été retirée et le terme “droit” et devenu “liberté”. Avec 48 voix pour, six contre et deux abstentions, la première étape a été franchie à la majorité requise des deux tiers. La seconde étape réside dans un second vote au cours des trois mois qui suivent le premier. On pourra bientôt lire à l’article 15 de la Constitution luxembourgeoise : “La liberté d’avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse est garantie. La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce cette liberté”. Le Luxembourg pourrait devenir le deuxième pays au monde à inscrire l’IVG dans sa Constitution.
Danemark : Du tricot engagé
Tout commence en décembre 2025 lorsque la danoise Louise Moerup décide de vêtir la statue nue de la déesse Vénus d’un parc du centre de Copenhague d’une robe qu’elle a tricotée. Elle déclare au New York Times que ce qui la motive alors est “l’absence de femmes dont les réalisations sont reconnues. Tricoter la robe était ma manière humoristique de faire en sorte que les gens regardent deux fois et remarquent ce qui manque.”. Depuis, ses actions ont inspiré un mouvement de tricot plus large dans le pays en protestation contre le déséquilibre de représentation des genres dans les monuments publics. L’initiative a ouvert sur un débat politique et en parallèle, fin février le gouvernement a annoncé mettre de côté 1,5 million de dollars pour financer des œuvres d’art publiques commémorant des femmes historiquement importantes.
Salvador : Un droit à l’avortement de plus en plus inimaginable
Lundi 2 mars, le Groupe citoyen pour la dépénalisation de l’avortement, unique organisation du Salvador à militer pour le droit à l’avortement a annoncé sa dissolution. Pour ses membres, le climat politique du pays est “incompatible” avec leur mission. Le pays possède certaines des lois les plus restrictives au monde en termes d’avortement. L’IVG y est interdite depuis 1998, même en cas de viol ou grossesse à risque pour la mère. Une femme ayant interrompu sa grossesse peut se retrouver inculpée pour homicide aggravé. Il peut arriver qu’en cas de fausse-couche, les médecins dénoncent leurs patientes qui se retrouvent emprisonnées pour homicide involontaire. Ces cas se sont multipliés depuis que le président Nayib Bukele, autoproclamé “dictateur le plus cool du monde” s’est octroyé les pleins pouvoirs et a suspendu les libertés civiles.
Monde : L’utilisation de l’IA ne connaît aucune limite
Le groupe Meta (WhatsApp, Instagram et Facebook) a lancé une enquête sur des profils générant par IA des images sexualisant les personnes handicapées. Cette enquête fait suite à un rapport de la BBC dévoilant des dizaines de comptes qui publient des images générées par IA de femmes handicapées hypersexualisées, souffrant notamment du syndrome de Down ou de vitiligo. D’autres profils montrent des images de femmes amputées avec des cicatrices visibles et en fauteuil roulant. Le succès est tristement au rendez-vous. Certains comptes atteignent déjà des centaines de milliers d’abonnés. Et ces images ne viennent pas de nulle part, mais proviennent de photographies de personnes réelles handicapées, sûrement sans leur consentement.
France : Une caméra cachée loin d’être drôle
Si Lyon et l’extrême droite ont beaucoup fait parler depuis la mort de Quentin Deranque, une autre information liant les deux est passée presque inaperçue. C’était sans compter sur Rue89 Lyon. Ainsi, comme le raconte le média d’enquête lyonnais, le centre LGBTI+ a été visé par une caméra cachée d’un influenceur d’extrême droite. Si les vidéos ont été tournées en janvier, elles ont été publiées le 22 février dernier, au lendemain de la marche commémorative pour Quentin. Depuis, les insultes et menaces contre le centre et ses bénévoles sont légion. Derrière cette action, se trouve Eros, un collectif homonationaliste proche du collectif Némésis. Eros est également à l’origine de la manifestation organisée à Paris en juin 2025 contre la marche des fiertés.
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