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Lysistrata Média

Les 5 actualités de la semaine du 27 avril au 1er mai 2026 sur les droits des femmes dans le monde

On est vendredi, c’est le moment où Lysistrata vous offre un tour d’horizon des actualités sur les droits des femmes dans le monde. Cette semaine, un rapport qui glace le sang, une Europe qui avance, une nouvelle équipe de foot qu’on avait hâte de voir revenir et une fête internationale plus que féministe. 

France : Le 1ᵉʳ mai : une date féministe

Aujourd’hui c’est le 1ᵉʳ mai, l’occasion de rappeler qu’il s’agit aussi d’une journée féministe. Chaque année, à l’occasion de la fête internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs, les associations et collectifs féministes appellent à manifester en soutiens pour la femme, faisant du 1ᵉʳ mai une date féministe. Car oui, les femmes sont souvent les premières personnes surexploitées ou encore sous-payées. En 2024, seulement 46,4 % des femmes en âge de travailler dans le monde occupaient un emploi, contre 69,5 % des hommes. L’une des raisons principales de l’exclusion des femmes du marché de l’emploi réside dans leurs rôles au foyer. En cas de proches malades par exemple, ce sont en majorité les femmes qui occupent un rôle d’aidantes, une forme de travail invisible. Qui dit lutte des droits des travailleuses et travailleurs, dit condition tarifaire. Le 1ᵉʳ mai est alors l’occasion de rappeler que seulement 4 % des femmes vivent dans des pays qui leur garantissent des droits économiques égaux à ceux des hommes. Et si l’égalité salariale est obligatoire en France depuis 1972, en 2024, dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes reste inférieur de 21,8 % à celui des hommes selon l’INSEE.

Enfin, avec les marches du 1ᵉʳ mai, c’est également l’occasion de rappeler que sans les femmes, les mouvements sociaux n’auraient pas lieu et donc par la même occasion les évolutions du droit du travail. On pense par exemple à la grève des sardinières de 1924 ou des infirmières de 1988 qui avaient toutes deux pour but une augmentation des salaires et une amélioration des conditions de travail. 

Soudan du Sud : Plus de 100 femmes et filles déplacées chaque heure

Lundi 27 avril, après un déplacement de cinq jours au Soudan du Sud, Anna Mutavati, directrice régionale d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe, a tenu un discours mettant en lumière plusieurs études et rapports glaçants. Ainsi, depuis le début de l’année, ce sont 104 femmes par heure qui sont contraintes de fuir leur domicile. Anna Mutavati témoigne également de la destruction et des pillages d’infrastructures de santé dans l’État de Jonglei privant les femmes d’accès aux soins. “Des femmes accouchent sans assistance médicale, s’exposant à un risque extrême de décès, dans un pays qui affiche déjà l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde.”

La guerre civile qui touche le pays augmente drastiquement la malnutrition et le nombre de violences sexistes et sexuelles dont sont victimes les femmes. 

Alors que les prochaines élections présidentielles soudanaises auront lieu le 22 décembre prochain, ONU Women appelle à une meilleure prise en compte des femmes à chaque étape de la vie politique. Inclure les femmes dans la prise de décision permet de renforcer la protection de leurs droits et libertés. 

 

(ONU Women)

Europe : “Seul un ‘oui’ signifie un ‘oui’”

Mardi 28 avril, le Parlement européen a adopté à la majorité (447 voix pour, 160 contre et 43 abstentions) un rapport demandant une définition commune du viol à l’échelle européenne qui intègre le consentement. Seulement 17 des 27 États membres disposent déjà de définition du viol fondée sur le consentement. Pour les dix autres, le viol reste défini en fonction des notions de “force”, “menace” ou “contrainte”. 

Il est temps d’agir dans une Europe où seul 0,5 % des viols débouchent sur une condamnation. Une impunité alimentée par cet ensemble de lois disparates. Mais ce n’est pas la première tentative de faire évoluer la définition du viol à l’échelle européenne. En 2023 déjà les parlementaires avaient proposé de remettre le sujet au premier plan de l’agenda législatif. Et, dans le cadre d’une directive sur les violences faites aux femmes, adoptée en 2024, 12 pays avaient fait barrage à cette mesure, dont la France. 

Pourtant, le rapport ne fait pas consensus et selon Ouest-France : “Dans les différentes interventions des députés issus des trois groupes d’extrême droite, on entendait que le problème venait des migrants, des femmes trans, de l’idéologie ‘woke’ et des féministes radicales qui veulent détruire l’hétérosexualité”. Jordan Bardella a voté contre l’inscription du consentement dans la loi. Rappelons-le, il affirmait pourtant en mars 2024 que “nous [le RN] devons refuser qu’une seule femme en France puisse un jour s’inquiéter de voir un de ses droits reculer”. 

 

(Toute l’Europe)

Sport : du foot pour toutes !

Mercredi 29 avril, la Fédération internationale de football association (FIFA) a autorisé les réfugiées afghanes à représenter leur pays dans les compétitions officielles, sans avoir besoin de l’accord des talibans. Créée après la prise de pouvoir des talibans en 2021, l’équipe féminine Afghan Women United se compose de réfugiées dispersées aux quatre coins du monde, comme en Europe, en Australie ou encore au Moyen-Orient. Pour la première fois, grâce à cet amendement, les joueuses pourront participer aux épreuves officielles comme équipe nationale afghane. Jusqu’à la modification du règlement de la FIFA cette semaine, l’équipe devait, pour concourir, avoir la reconnaissance de la fédération de football de son pays. Cette dernière étant, en Afghanistan, contrôlée par les talibans, cela revenait à demander l’accord du gouvernement pour leur participation. Un accord qui serait impossible quand on sait que le sport féminin est interdit par le pouvoir en place. Si ce changement intervient trop tard pour que l’Afghanistan puisse se qualifier pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2027 au Brésil, l’équipe pourrait désormais participer aux qualifications pour les Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles.

Cette décision de la FIFA créée un précédent, qui pourra s’appliquer à toute fédération nationale faisant preuve de discrimination à l’égard de ses propres joueuses et joueurs. 

 

(The Guardian et CNN)

Europe : Non aux “thérapies de conversion” 

Toujours mercredi 29 avril et pour la seconde fois cette semaine, le Parlement européen choisit d’avancer vers une société plus juste et respectueuse des droits humains. Ainsi, le Parlement a voté l’adoption d’une résolution pour interdire les “thérapies de conversion” au sein de l’Union européenne avec 405 voix pour et 176 contre. Reconnues comme des pratiques de torture par l’ONU, les “thérapies de conversion” sont interdites en France seulement depuis 2022 et toujours légales dans 19 pays membres de l’Union européenne. 

Cette résolution, découle d’une initiative citoyenne, une pétition déposée par l’association ACT (Against conversion therapy) et signée par plus d’un million de personnes en 2025. 

La Commission européenne a jusqu’au 17 mai pour proposer un texte qui interdit ces “thérapies” ayant pour but de modifier l’orientation sexuelle d’une personne LGBT. Une date qui n’est pas anodine. Le 17 mai sera la journée internationale contre les LGBTIphobies. 

Mais tout comme pour l’inscription du consentement dans la loi, l’extrême-droite n’est pas favorable à une évolution, ou plutôt protection des droits des personnes LGBT. Si le RN s’affirme “CONTRE les thérapies de conversion contre les homosexuels” selon le député Jean-Philippe Tanguy, cela ne les a pas empêchés de s’abstenir lors du vote de mercredi dernier. 

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